

Contre l’atomisation concurrentielle et le gouvernement par la peur, nous voulons construire de nouvelles solidarités.
Des journées d’action coordonnées ont lieu en ce moment dans plusieurs villes. A Lyon, des chômeurs et précaires ont mis en quarantaine un Pôle emploi contre la grippe précaire.
À Rennes ("39 49" Attention ça va couper !) et Marseille, d’autres actions ont lieu le 29 octobre.
Demain on continue.
À Paris, ce mercredi 28 octobre, nous étions une trentaine - à l’appel du Collectif Droits Nouveaux dont la CIP-IDF, AC !, l’Appel et la Pioche - à nous balader de Pôle emploi en Pôle emploi pour discuter avec les allocataires et les agents (1), pour exiger la suppression du 39 49, des radiations et du suivi mensuel obligatoire.
Nous avons donc occupé successivement deux agences dans le 19e, rue du Maroc et Laumière (75 av jean Jaurès). Discussions avec des allocataires qui majoritairement avaient des embrouilles avec Pôle Emploi.
Longues, trop longues discussions avec des cadres du Pôle qui débitent leur discours humanistes - Bouygues France 2, justifiant le contrôle au nom de l’accompagnement rapproché et le flicage des sans-papiers au nom de la lutte contre la fraude.
Avons débranché leur machine infra-hyper-ultra-violette pour la vérification des papiers.
Nous avons obtenu un engagement écrit (2) de la sous-directrice adjointe de Pôle Emploi Paris, venue sur les lieux, garantissant la mise en place des panneaux d’affichage destinés aux infos des collectifs de précaires et chômeurs en lutte. Nous avons mis la pression sur la directrice de Laumière pour qu’elle réponde au plus vite et favorablement à la demande de dispense de recherche d’emploi d’un chômeur de plus de 58 ans (au vu du droit, si les plus de 58 ans en font la demande, ils ont la possibilité d’être dispensé du suivi mensuel, mais dans les faits il semble que le Pôle emploi les contraigne tout d’abord à répondre au suivi mensuel pour ensuite évaluer la nécessité de dispense).
De nombreux agents du Pôle se montrent discrètement favorables à notre action mais semblent plutôt mal à l’aise à l’idée de manifester leur soutien : l’un d’eux nous fait comprendre à travers une vitre « Je suis avec vous ».
Après rue du Maroc et Laumière, toujours suivis par les ploucs des RG, nous arrivons au Pôle Emploi Darius Milhaud. Rideaux baissés malgré de nombreux allocataires avec des gros problèmes qui poireautent dans l’allée devant la porte fermée. Discussions et fraternisations à l’extérieur.
L’un des allocataires n’arrive pas faire ouvrir ses droits depuis des semaines, un autre vient contester le fait qu’on lui ait imposé une prestation « Trajectoire », nouveau type de flicage dont le marché a été dévolu à des opérateurs privés, avec suivi renforcé - jusqu’à trois rdv par semaines - sans aucun rapport avec la formation qu’il désire effectuer.
Puis la tournée se termine à Montreuil où une action récente avait permis le réexamen immédiat et favorable des droits de plusieurs chômeurs et intermittents. Mais aujourd’hui, là aussi, les 3 agences de la ville ont été fermées. Et à nouveau s’en suivent des discussions avec les allocataires bloqués par Pôle Emploi dans la rue.
La prochaine fois à 50, un peu mobiles on bloquera toute la région !
Nous appelons tous les chômeurs, intermittents et précaires à rejoindre les collectifs existants et à en former de nouveaux afin de se mobiliser dès maintenant et lors des Marches de fin novembre contre le chômage, les précarités et les licenciements qui se préparent partout en France, ainsi que lors de la manifestation nationale du 5 décembre.
(1) Voir la Lettre ouverte de quelques précaires aux conseillers de Pôle Emploi
(2) Par écrit : "Je soussignée Dominique DELAITE, directrice adjointe, Pôle emploi Paris, m’engage à ce mettre en place les panneaux réservés aux comités de chômeurs dans chaque site de Pôle emploi sur Paris afin de permettre l’affichage des informations de ces dits comités de chômeurs, précaires, intermittents."
« Je sais que les panneaux d’affichage sont obligatoires, mais à ma grande surprise il n’y en a pas ! » dixit la directrice adjointe Pôle emploi Paris, oralement.
Les chômeurs réclament un plan d'urgence
«Le stress de la recherche d'emploi rend les gens dingues» , murmure un homme, chômeur depuis peu, devant la scène qui s'est produite à l'entrée d'une agence Pôle emploi du XIXarrondissement de Paris. L'ambiance de l'espace Laumière a tourné au vinaigre devant une affichette proposant les offres d'emploi du Club Med. Enervée, une jeune chômeuse hurle qu'on ne veut pas lui faire une photocopie du précieux document, qui contient numéro de téléphone et adresse. En face d'elle, une conseillère au bord des larmes ne sait plus quoi dire, et cède sa place à d'autres agents, puis à la directrice adjointe. Brouhaha, discussion et retour au calme.
Cette montée de colère est courante dans les espaces feutrés de Pôle emploi, et parfois plus violente quand la file d'attente s'allonge. Là, l'incident est intervenu alors que l'agence est occupée, ce mercredi 28 octobre, par une trentaine de chômeurs du collectif Pour des droits nouveaux (dont AC!, les intermittents de la CIP-IDF et l'Appel et la Pioche). De telles actions d'occupation se sont répétées dans plusieurs villes de France pendant trois jours. «Il est temps de nous faire entendre pour obliger le gouvernement à répondre à l'urgence sociale» , expliquent Evelyne Perrin, une habituée des actions, membre d'Agir ensemble contre le chômage (AC!), et Diane, jeune militante de l'Appel et la Pioche, comité de précaires du NPA.
Dans ses tracts, le collectif exige la suppression de la plate-forme téléphonique du 3949 - «complètement déshumanisée» , se plaignent des chômeurs -, le rétablissement de l'accueil, l'arrêt des radiations et du suivi mensuel imposé, et que les chômeurs soient informés de leurs droits. Quelques jours plus tôt, un «plan d'urgence» a été présenté par le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), demandant, entre autres, «la régularisation des inscriptions, la suppression de l'offre raisonnable d'emploi, une refonte du projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) de manière à garantir les droits des demandeurs d'emploi» .
La liste des revendications des chômeurs est longue, et le gouvernement «n'a proposé aucune réponse à la hauteur de la crise. Il y a des licenciements par milliers, mais aussi des plans sociaux de fait dont personne n'a parlé, avec des intérimaires qui ont presque tous perdu leur boulot. La situation est catastrophique, notamment pour les jeunes des quartiers populaires» , explique Evelyne Perrin. Une situation de forte tension est décrite par Sylvette Uzan-Chomat, membre du bureau national du SNU Pôle emploi: «Cela déborde de partout. On a une augmentation de plus de 20% du chômage sur un an et on va presque atteindre les 4 millions d'inscrits en comptant seulement trois catégories de chômeurs. On était déjà en insuffisance de personnel avant la crise, la fusion ANPE-Assedic n'a pas résolu les problèmes. C'était une illusion de dire que la fusion les résoudrait. Pôle emploi est totalement désorganisé, les personnels ne savent plus où ils en sont.»
A l'agence Laumière comme à celle de La Villette, l'afflux des chômeurs n'est pas maîtrisé. Tenu au devoir de réserve, un agent évoque rapidement la «surcharge de travail» , le «manque de moyens pour recevoir les demandeurs d'emploi, et le 3949, une usine à gaz» . Un autre explique que l'agence «attend 2 000 nouveaux demandeurs d'emploi dans les prochains mois, une prévision déjà établie». «Des agents de placement ont jusqu'à 170 dossiers dans leur portefeuille, ce n'est pas gérable» , admet le nouveau directeur du site, Emmanuel Beaufrère. Le ras-le-bol est évident, au point qu'à Marseille les salariés de Pôle emploi se mettront à nouveau en grève le 10 novembre. 50% des agents étaient en grève à La Réunion le 29 octobre. «On a appris vendredi par la direction que, dans le cadre de la solidarité interrégionale, des dossiers d'indemnisation sont traités par des régions pour d'autres régions. On essaie de masquer les sous-effectifs, mais cela ne peut pas tenir, c'est de l'ordre de la rustine» , souligne Sylvette Uzan-Chomat, qui parle de «situation de blocage» après une réunion des délégués centraux du personnel et de la direction qui s'est tenue le 30 octobre.
«De nombreux agents du Pôle sont favorables à notre action, mais semblent plutôt mal à l'aise à l'idée de nous manifester leur soutien» , rapporte Evelyne Perrin. Cependant, personne n'oppose de résistance quand les chômeurs du collectif débranchent le lecteur optique censé détecter de fausses pièces d'identité, nouvel outil de travail installé dans les agences pour le «flicage des sans-papiers» , selon le collectif. «Les allocs, c'est au faciès , n'hésite pas à dire Laurent, de la Coordination des intermittents et précaires d'Ile-de-France. Si vous avez l'air roumain, ou africain, ou maghrébin, il y a peu de chance pour que votre dossier passe dès votre arrivée. A Orléans, ils ont organisé un rendez-vous qui était un traquenard pour un sans-papiers. C'est ça qu'on est en train de demander à Pôle emploi!»
Au Pôle emploi de La Villette, Laurent parle pour les autres: «Il y a un énorme manque de personnel pour répondre aux questions des demandeurs sur leurs droits, et c'est pour cela qu'il y a des actions dans plusieurs villes, à Rennes, à Marseille... On a besoin de se défendre face à cette situation. Notamment avec l'instauration du RSA. Et on se retrouve aussi obligé d'accepter n'importe quel boulot avec l'offre raisonnable d'emploi. Et si on a 500 euros d'allocs, on risque de les perdre si on n'a pas un emploi à ce tarif-là après un refus.»
Anne acquiesce. Jeune comptable inscrite à l'agence de la rue Pelleport, dans le XXarrondissement de Paris, elle lance: «Cela ne m'intéresse pas de me battre pour montrer que je suis la meilleure candidate! Il n'y a pas assez d'emplois, c'est tout! Pourtant, il y a assez de travail pour tout le monde.» Anne raconte qu'elle a été sélectionnée parmi trois cents CV: «La plupart des personnes sont dans une course désespérée à la recherche d'emploi, leur profil ne correspond pas du tout au poste.» Elle non plus: «L'employeur a finalement choisi un candidat plus «stable», qui n'avait pas plein de CDD sur son CV comme moi! Si tous les employeurs raisonnaient comme ça, je n'aurais jamais d'emploi! Ma conseillère a avoué être obligé de me proposer ces postes.» «Les gens sont désarçonnés par l'attitude des agents» , raconte aussi Arièle Nugon, du Collectif unitaire contre le chômage et la précarité, qui a occupé le 30 octobre le Pôle emploi de Gibbes-Saint-Gabriel à Marseille.
Claude, un chômeur militant d'AC!, y demande au directeur de l'agence d'expliquer comment a été calculé le montant de son allocation: «Il a été incapable de répondre à sa demande , observe Arièle. Mais la répression et les contrôle s'intensifient. Il y a un fort sentiment d'injustice.» Les allocations sont souvent suspendues et la radiation intervient fréquemment à la suite d'une erreur: «Souvent, l'ordinateur envoie des lettres types qui ne correspondent pas au calcul que l'on fait. Ces dysfonctionnements techniques sont fréquents.» «Les démarches d'accompagnement des chômeurs par les collectifs pour débloquer les dossiers et défendre ce qui reste de droits des allocataires se multiplient» , décrit le Mouvement rennais des chômeurs et des précaires en lutte, dans une lettre ouverte aux conseillers de Pôle emploi. Beaucoup ignorent leurs droits ou abandonnent, résignés. Laurent donne un autre exemple de la confusion régnant dans les Pôles emploi: «Nicolas Sarkozy s'est vanté, il y a un an, de créer une prime de 500 euros pour certaines personnes, il prévoyait que 250 000 personnes seraient concernées, et Pôle emploi devait les informer. Il n'y en a eu que 3 000. Pôle emploi n'informe sur aucun droit!» Pourtant, «chômage et précarité, déjà très élevés avant la crise, explosent» , répète Evelyne Perrin. «Avec la liquidation des droits sociaux en cours, la situation est intenable!»
Thierry BRUN
Politis
Nouvelle hausse pour les chiffres du chômage + 0,8% (après +0,7 et +0,4). Sur un an, l'augmentation se situe à 25,1% ! La crise est bien là. Au 3949, la hotline du Pôle Emploi, pas grand monde…
Les agents du Pôle Emploi, même ceux qui n’ont pas "l’habitude" de faire grève dixit une syndicaliste, et les directeurs d’agence se sont mobilisés. Une grève de ras le bol ! En gros cette fusion ANPE-UNEDIC était censée améliorer l’accueil des usagers et c’est tout l’inverse qui s’est produit… Problème de formation et déshumanisation du service.
Toutes les fins mois (difficiles forcément) un collectif d’une trentaine d’associations (dont AC, Génération Précaire, la fondation Copernic) passe à l’attaque et mène des actions dans les Pôles Emploi. Evelyne de AC ! nous l'a dit : "les radiations abusives se multiplient et le 3949 marche très mal, il faut le remplacer par un accueil personnalisé"...
Trop d’attente au 39 49, 2H/3H parfois, et par mails des serveurs qui envoient des réponses complètement à côté de la plaque. Voilà ce qu'on nous a décrit. Y a quelqun ?

Mercredi 28 octobre - 10 h - Métro Belleville, devant la CFDT
Pour agir sans attendre face à la situation, pour préparer les marches régionales contre la précarité le chômage et les licenciements de cette fin d’année et la manifestation nationale du 5 décembre 2009, des journées d’actions coordonnées sont organisées les 28, 29 et 30 octobre. Il s’agit d’agir localement en distribuant des tracts dans les Pôle emploi et les CAF, en les occupants, en bloquant le suivi mensuel obligatoire, ou selon toute forme d’intervention qui pourra être trouvée par les collectifs.
Ni contrôle social ni emplois forcés ! Nous voulons la suppression du 39 49, du suivi mensuel imposé, de l’offre raisonnable d’emploi, l’arrêt des radiations, la hausse immédiate des minima sociaux à 1500 euros pour tous y compris pour les jeunes, l’annulation des dettes des foyers surendettés, l’arrêt des discriminations sous toutes leurs formes…
Rendez-vous parisien mercredi 28 octobre - 10 h - Métro Belleville, devant la CFDT
Plus d’infos ? contactez agdesprecaires@gmail.com
Depuis des mois, pour sortir de l’isolement, manifester leur colère et défendre les droits, divers collectifs investissent des Pôle Emploi, des CAF, des services sociaux, des organismes privés sous-traitant "l’accompagnement" des chômeurs.
À Paris, Montreuil, Rennes, Marseille, Toulouse, Caen, Auch, Tours, Lyon, Grenoble et dans d’autres villes encore des chômeurs, des précaires et des intermittents organisent des marches qui convergeront lors d’une manifestation nationale samedi 5 décembre à Paris, Lyon et Marseille.
N’attendons plus : agissons contre la soumission que l’on nous impose à coups de "suivis" culpabilisants, de convocations menaçantes, d’offres déraisonnables d’emploi, de radiations, de compléments RSA misérables. Comme le pensent beaucoup de ses salariés en lutte, Pôle Emploi doit servir à informer sur les droits et à garantir les droits des chômeurs, intermittents et précaires, et non pas à les fliquer.
À la fin des mois d’octobre et de novembre, organisons partout où c’est possible des actions coordonnées : échanges avec les salariés de Pôle Emploi et avec les salariés des entreprises en lutte, avec les sans-papiers et les mal-logés, blocages, occupations...
Exigeons la suppression de l’ « offre raisonnable d’emploi » et du suivi mensuel obligatoire ainsi que du 3949 ; la liberté d’établir ou non un contrat d’insertion avec des contenus décidés par les allocataires eux-mêmes, l’arrêt des radiations ; le rétablissement de l’accueil au guichet et l’annulation des indûs. Dès maintenant les minima sociaux doivent être augmentés de 400 euros pour aller vers 1500 euros par mois et ouverts de droit à tous les jeunes en âge d’être employés ; chaque journée chômée doit être indemnisée à minima au SMIC Jour.
Source : message reçu le 21 octobre 23h
Pour agir sans attendre face à la situation qui nous est faite, pour préparer les marches contre la précarisation de cette fin d’année et les manifestations pour de nouveaux droits du 5 décembre, des journées d’action coordonnées sont organisées les 28, 29 et 30 octobre.
Il s’agit d’agir localement en distribuant des tracts dans les Pôle emploi et les CAF, en les occupants, en bloquant le suivi mensuel obligatoire, ou selon toute forme d’intervention qui pourra être trouvée par les uns et les autres.
Nous voulons la suppression du 39 49, du suivi mensuel imposé, de l’offre raisonnable d’emploi, l’arrêt des radiations, la hausse immédiate du RSA de 400 euros et son extension à tous les jeunes en âge d’être employés. Chaque journée chômée doit être indemnisée A MINIMA au SMIC JOUR
Source : http://www.cip-idf.org
10H30, RV à la sortie du M° Colonel Fabien pour une action
Pas d’info sur les droits, allocations bloquées et inexistantes, indus, convocations, radiations...
Ensemble, désarmons Policemploi !